Et si une Substance pouvait ouvrir la voie vers un autre monde? Et si vous pouviez quitter ce monde gris et blanc pour un monde coloré?
 
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 Sans vraiment savoir comment ni pourquoi....

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Andrew L. Winthrow

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MessageSujet: Sans vraiment savoir comment ni pourquoi....   Lun 11 Jan - 1:45

Autobus "Quiet Trip Car". Jour inconnu. Heure inconnue

Généralement, une personne qui part d'un point A et qui arrive à un point B, connait la raison de son voyage, les motivations de son séjour. Dans tout les cas, il y a un objectif précis, dicté par une envie, un besoin, une nécessité voir une lubie. Si Andrew Winthrow s'était retrouvé dans cet autobus, et qu'il était au moins sûr de ce fait -probablement parce qu'il y était encore assis- les raisons qui l'avaient amené dans ce qui n'est encore qu'un moyen de joindre une destination, restaient insaisissables et obstinément floue. La raison pour laquelle il se trouve, présentement sur ce siège, face à un cendrier plein de chewing-gum, et face à personne d'autre puisque l'autobus est pratiquement désert, est inconnue. L'endroit où ce bus allait l'emmener, c'était encore autre énigme. S'il devait résumer la situation en quelques mots, Andrew dirait qu'il est, présentement, et irrévocablement perdu.

L'obscurité embuée, parasitée par les reflets des lampes du car, n'apprendraient rien à ce jeune homme perdu sur sa destination future. La route était pourtant sporadiquement pourvue de lampadaires, mais chaque tentative d'Andrew pour voir ce que l'un des lampadaires avait à lui montrer de sa route, se soldait par un échec, soit parce que le lampadaire était trop fort, et il était alors immédiatement et pour quelques secondes assommé, soit parce qu'il n'y avait simplement rien à voir.

Jusqu'à présent, Andrew avait toujours su voir autour de lui. Il avait toujours eu une visibilité constante sur les différents éléments qui agrémentaient le chemin qu'il suivait. Et même lorsqu'il faisait un dérapage non contrôlé, si il était dans une mauvaise passe et que les sorties de routes se multipliaient, il y a avait toujours quelqu'un dans le noir pour le ramener sur le bitume fumant neuf, éclairé et d'égal relief que représentait sa quiet et respectable vie.

Alors, que représentait cet autobus? Où l'emmenait-il? Quel nuit était-ce?

Pourquoi avait-il si mal à la tête? Les autres couleurs ont-elles toutes disparut de la surface du monde?

Ou est-ce cet ocre rouge qui les as toutes absorbées?

*
**


Cordell-Town. Gare du centre-ville. 8H00 du matin.

"....No, there's no problem with your TV screen. You've just get into the fourth dimension! Welcone to Twilight Zone!"

Le bus s'arrête. Personne ne descend. Un son strident, et une image floue réveille les sens endoloris d'Andrew à l'arrière du car. Un type siffle. Ca lui déchire le cornet. Les yeux s'éraillent, révulsés. Un clignement, deux clignements.

"... problem with your TV screnn. You've just get into.."

*J'ai déjà entendu ça*

Une seule certitude au milieu du chaos de l'autobus inconnu. Un visage. Vite. s'y raccrocher et comprendre

"J'ai déjà entendu ça."

La voix d'Andrew est faible. Presque perdue dans le bruit que fait le moteur en tournant dans le vide. Il est à l'avant du Bus maintenant. Un type le regarde. Uniforme bleu. Casquette. Lunettes. les dents blanches. Le conducteur. Sa voix traine et se glisse dans l'oreille gauche d'Andrew

"Bien-sûr que t'as déjà entendu ça gamin. "Welcommmeee tooooo Twilight Zoooonnne!!!" Impérissable comme série. La quatrième dimension. T'sais..."

Andrew dodeline dans le vide, ce qui relance le chauffeur.

"Mais si! Forcément que t'en as entendu parler! Des gars qui enquêtent sur des phénomènes étranges. Le top de la science-fiction!".

Le conducteur se leva de son siège- probablement le seul siège confortable du bus- et éteignit la télévision suspendue au dessus du couloir.

"Imagine qu'il y a des mecs, des scénaristes, qui passent leur vie à imaginer des choses complètement dingues. Style un rayon qui fait rétrécir, des gens coincés dans des dimensions parallèles, des aliens qui débarquent, mieux, des plantes carnivores qui se mettent à bouffer du laborantins. Des scénarii, ils en ont écrit des centaines pour autant d'épisodes complètement chtarbés. Mais tu sais ce qui est le plus intéressant dans ces histoires?"

Aucune réponse. Andrew en est encore à écouter résonner dans sa tête les gyrophares et les sirènes blanches d'un univers qu'il semble avoir quitter des années plutôt

"C'est pas que le côté excitant de la découverte d'univers nouveaux, d'aliens, de créatures qui n'existeront jamais que dans nos imaginations. C'est, faut pas se mentir, une grosse partie du plaisir, mais le plus trippant de tout, Je vais te l'dire. C'est le facteur humain. Comment réagiront les hommes lorsqu'ils découvriront que leurs certitudes se barrent et n'ont plus que leur rêves d'avant comme terre d'asile? Quand ils se rendront compte qu'on leur ment depuis le début? Que les réalités mêmes de toutes choses sont relatives? Que va faire l'Homme? N'est-ce pas un moyen de découvrir à quel point nous sommes noir dedans? Un révélateur des émotions profondes qui nous animent? Voilà le génie des scénaristes de ces séries, un peu tendance nanarde, il faut se l'avouer. -Surtout quand les tentacules de l'épisode 15 pue autant le plastique- Leur génie, c'est de nous mettre face à nos propres réalités, notre humanité, gamin."

Andrew ne répondit rien. Sa conscience s'éveilla au fur et à mesure que l'étonnant laïus du vieux conducteur, fan de séries has been prit toute son étonnante ampleur

"Je t'assure gamin, je donnerais cher pour vivre ce genre d'expérience juste une fois. Genre, invasion martienne ou découverte d'une technologie qui vient de l'au-delà. Ou même une bonne vieille pluie de météorite. C'est cheap et cliché, et pas passionnant si tu t'y prends mal, mais ça reste une valeur sûre, dans les séries les jeux-vidéos, les bouquins, les pluies de météorites..."

Voilà. Andrew était en phase avec ce qu'il savait, ce qu'il était à cette minute. Il était à Cordell-Town. Et il ignorait pourquoi. Et il ne savait rien d'autres à part la réponse au chauffeur de Bus

"Une valeur sûr des livres de science fiction vous dîtes.... Et vous n'imaginez pas à quel point vous avez raison."

Andrew sortit de l'autobus -il faut dire, de cette réponse, presque réplique, bien sentie, que seul lui et quelques rares pouvaient comprendre, qu'il en était assez fier-.

Il avança calmement à travers la gare, en direction du centre-ville grouillant de monde toujours sans aucune certitude sur le chemin à prendre, gardant en tête les paroles avisés du vieux conducteur

*Puisqu'on y est, autant en profiter alors...*

Andrew pénétra dans le premier endroit qui lui semblait assez salubre pour qu'on lui donne un café sans tâche grises sur la tasse. Il se plaça devant le bar, sur un tabouret confortable et commanda un café. C'est seulement à ce moment qu'il comprit que le badge d'accès au secteur 4 de la Zone dépassait de son imperméable.
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Shin Komatsu
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MessageSujet: Re: Sans vraiment savoir comment ni pourquoi....   Lun 11 Jan - 23:45

Je me promenais dans le centre de la ville, tranquilement, je ne me pressais jamais de toute manière. Je m'étais installé au bar,là où je devais attendre la femme que je rejoignais, j'avais besoin d'argent.

J'avais commandé un café et je le sirotais tranquilement en attendant que le temps passe. Au moment où je griffonnais quelques dessins au hasard, je vis un homme au regard perdu un peu plus loin; il descendait de l'autobus qui venait de passer. De mon côté,l'ambiance était à la détente, je fis donc semblant de me plonger dans mon oeuvre en cours pour qu'il ne me voie pas l'observer. Je me demandais si Yuki me rejoindrait ou si la femme que je devais voir arriverait. De toute façon, les femmes sont toujours en retard!

Je me demandais si il attendait quelqu'un lorsqu'il m'adressa la parole, je levais la tête d'un air faussement surpris...
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Loan Barretti
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MessageSujet: Re: Sans vraiment savoir comment ni pourquoi....   Mar 12 Jan - 13:03

A la terrasse des cafés, ou encore à l'interieur, on trouve des personnes qui refont le monde, d'autres qui lisent les journaux, d'autres encore qui terminent une dissertation rapidement, sur le coin d'une table, avant d'aller en cours; il y a aussi ceux qui boivent leur café simplement, en ayant l'air distrait; ou pressés, car il s'apprêtent à aller à un rendez-vous. On trouve aussi les personnes en groupe, celles qui refont le monde, celles qui plaisantent ou se racontent leur journée, ou la veille; ceux qui se montrent leur nouvel appareil de téléphonie dernier cri, ou les vêtements de chez l'enseigne chic à côté du café... On trouve toutes sortes de personnes, dans les cafés, et si on les observe, on les voit faire et partager des choses différentes. Et puis il y a moi. L'allumé de service, certainement pour les personnes qui eventuellement, m'observent.
Moi, je suis celui qui est toujours plongé dans un monde que je suis le seul a connaître, celui qui est toujours penché sur une feuille de so petit carnet à croquis, ou sur son carnet de notes; celui qui a toujours les écouteurs de son MP3 - dernier cri aussi depuis que j'ai brisé l'autre... Mais ca on s'en moque - dans les oreille, le coupant definitivement du reste du monde environnant. Et ce, à toute heure du jour et de la nuit. Accompagné, ou non. Oui, l'aullumé de service, quoi.



"Saaam! Tu veux pas virer ces écouteurs? tu n'es jamais avec nous, bon sang..."
Alex tira sur le fil droit de mon casque d'écoute. Je levais les yeux d'un air un peu ahuri - j'étais en train de vivre un rêve éveillé qui me plaisait incroyablement, de ceux comme on n'en fait rarement lorsqu'on est endormis. Je ne sais pas à ce moment là si j'étais en colère ou just agacé qu'il n'ait coupé en plein élan d'inspiration transcendantale.
"Oui mon ami, je vais virer ces écouteurs... Tu me commande un café?"

Je tentais le ton de voix le plus monocorde possible, pour lui signifier que ses sujets de conversations avec William n'étaient pas franchement aussi interessant que ce que j'étais en train de rêver - et accesoirement d'écrire. Ils se regardèrent un instant, puis Alex haussant les épaules, William, lui, me sourit, comme d'habitude. William souriait toujours.
Grand - un mètre 90 tout de même - et aussi mince que David Bowie,


Alex et moi l'avions rencontré car il vivait à 'létage au dessus de chez un des 'potes' d'Alex. Ce pote consommait regulièrement la Substance, et nous avait "branchés" sur William - qui lui était plus qu'un consommateur habituel, il vivait littéralement dans l'autre monde. Ce jeune homme était d'un naturel calme et serein, toujours souriant, jamais un mot plus haut que l'autre. J'ai tout de suite nourrit une relation très spirituelle avec lui, au début; nous pouvions parler des heures de tout et de rien, du monde, de philosophie, de philosophie de comptoir aussi; de n'importe quoi, la drogue, la Substance. Bref, je passais ces derniers mois plus de temps avec Will qu'avec Alex. Qui s''était montré un peu desarçonné par mon revirement, au passage. Il me semble qu'Alex avait deviné que mon interet à être avec lui n'était basé que sur le fait qu'il avait "les plans" pour acheter un peu de sable. Et il avait vite compris que je ne m'en cacherais pas, et que Will ayant beaucoup plus de contacts et plus d'experience, je me rapprocherais de lui.


Bref, ce matin là, on était partis acheter notre dose dans le quartier de la gare, derrière le centre commercial du centre-ville - un complexe regroupant un cinéma, un disquaire et des magasins de vetements en pagaille. Nous nous étions levés tôt - comme à chaque fois, l'appel de l'autre monde était plus fort que l'appel de n'importe qui ou de n'importe quelle obligation - et en attendant notre "Dealer of good moments" - comme je me plait à les appeler - nous étions venus, à notre habitude, boire un café et manger un ou deux petits pains. J'allumais une cigarette en attendant la réponse d'Alex.

"...j'ai plus un rond, Sam..."
William regarda Alex en riant doucement, il connaissait aussi bien que moi les habitudes de notre ami commun: il dépensait tout son argent dans des drogues connues et gardait le reste pour la Substance. Je fronçais les sourcils et regardais le petit billet de 10 euros que j'avais dans mon porte feuilles.
"...pas grave, c'est QUE de l'argent, Alex... S'il vous plait?"
Je me retournais vers une jeune fille portant un tablier bas au dessus de ses vêtements de ville après avoir répondu - le plus sincerement possible - à mon ami. Le souci est qu'elle ne m'entedit pas car elle s'était arrêtée pour sourire d'un air béat au type du fond - un étudiant d'une classe bien plus privilégiée que la notre, jeune et avec ce grand sourire charmeur à faire fondre toute jeune fille banale - car il y a des jeunes filles qui se moquent de ces sourires comme de leur proprietaires. Je retournais la tête vers mes accompagnateurs et je regardais exclusivement Will.
"...je vais chercher ce café au bar, je vous prends quelque chose?"
Sourire de Will, sourire de ma part, sourire de la part d'Alex qui était trop content qu'on lui paie son café et sa dose à venir pour me faire une reflexion sur le peu d'attention que je lui portais; réponse de leur part, et je me levais pour aller vers le bar.


J'y vit les gens dans leurs petites habitudes, ceux qui parlaient un peu trop et trop fort à la barmaid, ceux qui qui lisaient leur journal, ceux qui discutaient entre eux, celui qui attendait son café seul et dont le badge de sécurité dépassait de sa poche.

*Celui dont le badge de sécurité dépasse de sa poche? Qu'est-ce qui y est...*
Je me penchais sur le bar, légèrement, appuyé sur les coudes, la tête haute, comme pour attirer l'attention de la patronne qui était en train de faire le dernier café commandé. Et mes yeux se posèrent sur le badge du jeune homme - qui avait l'allure d'un étudiant un peu trop bien habillé, à moins d'être étudiant dans le commerce; ou encore un très jeune salarié à un poste que je n'aurais jamais osé rêver avoir. Non que mes capacités intellectuelles soient délaissées parce-que je privilégie les voyages spirituels, mais parce que je n'aurais jamais voulu occuper une "bonne place".
Sur ce badge, quelques mots - ils auraient mieux fait de laisser le badge blanc à mon avis - "Zone"; "Secteur 4". Je sentit un frisson s'insinuer en moi. Un membre du gouvernement si jeune? PArce qu'il me parraissait jeune, au moins autant que moi. Je retournais les yeux sur la patronne qui servait le café, elle me regarda.

"Bonjour, Monsieur. Que puis-je vous servir?"
J'allais répondre quand j'entendis la sonenrie du portable d'ALex. Je fit signe à la patronne de patienter un instant; ce qu'elle fit; et regardais Alex et Will. Alex si dépêcha de venir à ma rencontre - il avait dejà raccroché - et me pris un peu l'écart une seconde:
"... Slaid est là. Il faut y aller."
"Pas maintenant, je bois mon café."

Regard intrigué de pa part d'Alex. Il ne comprenait pas que moi, celui dont on disait que j'étais amoureux de la Substance, ne souhaite pas courrir voir Slaid.
"Allez-y, je vous rejoins, je vous appelle des que j'ai fini. De toute façon, j'ai encore de quoi pour ce soir... C'est bon."
A mi-voix, de façon à ce que personne ne nous entende, nous décidons donc d'agir de la sorte, Alex ne comprenant pas le pourquoi du comment, partit en râlant un peu. Il fit un signe à Will comme quoi j'étais certainement cinglé, ou comme quoi il était déçu que je ne sois pas là pour payer un complement conséquant de Substance; je n'en saurais jamais rien. Quant à moi, je me retournais vers la patronne qui attendait ma réponse.


"Un grand café bien serré, s'il vous plait."
Je jetais un regard furtif au jeune homme à ma gauche - j'espérais franchement croiser son regard et entâmer la conversation. Puis une idée me vint, alors, calmement, je lui lançai une phrase innoncente:
"Bonjour, excusez-moi; votre badge dépasse de votre poche..."
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Andrew L. Winthrow

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MessageSujet: Re: Sans vraiment savoir comment ni pourquoi....   Dim 17 Jan - 0:48

Andrew sentit le vent s'engouffrer dans ses cheveux gras en bataille. Un groupe hétéroclite de trois personnes accompagné d'un froid et hivernal borée qui surprit le jeune homme, pénétra dans l'espace exigu qui faisait office de bar. S'il était certain de définir sans se tromper deux des individus, le troisième semblait n'appartenir à aucun genre connu. Les origines ethniques semblaient se confondre sur ce visage protéiforme selon qu'il vous regardait ou considérait la pièce. La seule certitude d'Andrew fut que ce n'était pas le genre de personnes qu'il avait l'habitude de croiser sur son chemin. Chemin qui le menait toujours là où il voulait. Pour une raison inconnue sa route avait prit une direction inattendue... Un signe qu'il ne prit pas le temps d'analyser. Un dernier café pour se réveiller, et sortir de cet endroit. Car Andrew savait malgré lui ce qui existait par delà Cordell-Town et le grillage interdit....

*
**

"...Et vous irez me poster ce courrier après avoir mis ces poubelles dans le local..."

"...Bien Monsieur..."

Andrew attendit que le fonctionnaire adipeux sans visage ait passé la porte pour prendre les lettres qu'il avait posé sur son bureau et sortir à son tour. Cela faisait déjà quelques mois qu'il travaillait au ministère des affaires étrangères en tant que traducteur des dépêches internationales, et pourtant il n'avait pas encore vu le grain d'une seule dépêche. Son quotidien était rythmé par les commandes de café, les poubelles à vider, l'ennui à passer et l'estime de soi à perdre. Il avait l'habitude de déambuler dans les couloirs lustrer avec des chaussons ce qui lui permettait de glisser plutôt que de marcher. C'est ainsi qu'il ne surprit personne en attrapant la corbeille familière et qu'il atterrit sans lever le pied dans l'ascenseur, le dos affaissée contre le miroir taché de l'espace exigu suspendu à 1200 mètre au dessus du sol. Durant les quatre minutes qui le séparèrent du rez-de-chaussée Andrew soupira copieusement, contempla ses chaussures et se perdit dans une énième auto-critique sur sa misérable vie de fonctionnaire qui n'en avait même pas les tâches. C'est au soubresaut qui annonça le septième étage, que le regard d'Andrew tomba dans la corbeille à papier. l'ironie de la situation voulu que ce fut une de ces dépêches internationales entre ministères que Andrew devait originellement traduire. Un 1 en caractère gras était imprimé au coin gauche de la feuille. Il désignait le niveau de confidentialité de la dépêche. Mais Andrew n'avait jamais eu de formation sur les niveaux de confidentialité. Si cela avait été le cas, il aurait su qu'il n'avait accès qu'aux dépêches de niveau 5 et il aurait chiffonné la feuille sans même y jeter un coup d'œil. Preuve que l'éducation stricte et la droiture morale d'Andrew avait laissé une trace profonde. Comme une signature scientifique inscrite dans ses gènes. Le respect des règles. Toujours.
Mais Andrew ignorant tout des règles de confidentialité, il lut et imprima pour toujours dans son esprit les mots de cette dépêche.

"Les groupuscules continuent de s'infiltrer dans nos équipes de sécurité, passer les barrages et se fournir à la source. Nous devons réagir. Le ministre Allemand enverra cent cinquante unités supplémentaires. Les secteurs 2 1 et 4 ont subit des transformations spectaculaire. La substance s'accroit très rapidement. Le monde auquel il conduit semble être une version améliorée et idéalisée d'une utopie. Certains l'assimilent au paradis Alheleim des mythologies danoises et nordiques. Différentes équipes envoyées sur place refusent de rentrer. La Zone doit être dissimulée. Nous ne pouvons plus nous permettre que d'autres fuites d'information"

*
**

La chaleur du café dissipa les souvenirs d'Andrew et le fit revenir brutalement dans la réalité. Il voulait rentrer chez lui. Il ne pouvait pas rester ici. Il s'adressa à son voisin de Bar

"Excusez-moi, vous savez quand pars le prochain train qui mène aux côtes occidentales?"

Mais avant que l'inconnu ait pu lui donner sa réponse, un des nouveaux venus, à l'attitude assurée et au style radicalement différent de celui des badauds, se dirigea vers le bar, le regard rivé sur une carte plastique sortie du pantalon d'Andrew


"Un grand café bien serré, s'il vous plait."
"Bonjour, excusez-moi; votre badge dépasse de votre poche..."

Andrew avait choisit le mauvais moment pour prendre une gorgée de son café. Il s'étrangla très bruyamment quand il entendit le mot badge. Il était persuadé que cette personne savait ce qu'était ce badge. Un inconnu n'allait pas voir un autre inconnu pour lui signifier qu'un papier dépasse de son pantalon si celui-ci est anodin. Tous deux savaient donc l'usage et le prix de ce badge au marché noir. Ainsi que les convoitises qu'il pouvait susciter.

C'est alors qu'Andrew opéra une nouvelle sortie de route. Il était cependant sur le point de rentrer dans le rang, de regagner son propre chemin tranquille fait de café et de corbeille à papier. Mais il fit cet écart sciemment. Il prit une décision pour changer sa vie.

"Merci . Mais... J'ai l'impression que vous pourriez en avoir plus besoin que moi. Écoutez. Je ne vous connais pas, mais je vous donne ce passe pour la zone - secteur 4 si vous m'emmenez avec moi."


Alors que le stress lui collait les tripes et la cage thoracique ensemble, que la sueur s'insinuait le long de son dos, il saisit le bras du jeune inconnu qui pointait son pantalon et le fixa dans les yeux, conscient qu'il était beaucoup plus grand que lui, et que l'autre pouvait simplement lui prendre. C'était un risque à prendre. Un des premiers risques qu'Andrew ait jamais prit. Et quelque chose lui fit penser qu'il n'en avait pas terminé avec la prise de risque et les sorties de routes.
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Loan Barretti
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MessageSujet: Re: Sans vraiment savoir comment ni pourquoi....   Jeu 21 Jan - 3:34

Est-ce que ce badge avait un quelconque rapport, de près ou de loin, d'ailleurs, ne fut-ce qu'un tout petit rapport avec la Zone et la Substance? Je l'ignorais. J'avais lu bêtement le mot "Zone" sur cette carte, bêtement et brievement, et je m'étais précipité, tournant le dos; comme je l'avais fait avec Omega quelques année auparavant; à mes deux acolytes et amis de voyage...
Je n'ai jamais vraiment été fan de supersticions, ni même de tout ce qui a trait au destin - je pense que l'on fait nous même, par nos actes, nos pensées, et nos choix, ce que nous sommes - et que ceux qui nous entourent y contribuent, que ce soit en nous offrant un modèle, ou au contraire, ce que l'on veut surtout ne pas être. toutefois, il m'arrive d'avoir des sursauts aussi stupides que celui là: je me dis alors qu'il y a une chance à saisir, que si j'ai raison, que mon préssentiments est juste, j'arriverai encore un peu plus loin, un peu plus vite. ce fut mon sentiment en voyant ce badge: *Sam, un signe du destin! Allez, fonce!* Et laisse ces deux junkies du voyage derrière toi, de toute façon, ils ne comprennent pas ma vision de la chose.
je fut aussi saisi que le jeune homme me réponde aussi facilement, après avoir resisté à une frayeur certainement devant mon teint jaune de drogué en pleine descente - ou en pleine ascension, au choix - frayeur qui le fit s'etouffer avec son café. je tendit poliment le bras pour le poser sur son épaule, comme ferait un ami pour s'assurer que l'autre va bien - Bien, Sam! Tu ne le connais même pas - mais me retractais lorsqu'il commença à parler.

"Merci . Mais... J'ai l'impression que vous pourriez en avoir plus besoin que moi. Écoutez. Je ne vous connais pas, mais je vous donne ce passe pour la zone - secteur 4 si vous m'emmenez avec moi."

Je restais bouch-bée un instant: alors j'avais raison, la carte qui depassait concernait bien la Zone, le but ultime de tout voyageur engagé, de tous ceux qui souhaitaient révéler l'existence de ce monde au grand public, ou, du moins, se l'approprier. Alex et Will faisaent partie de ces gens, je les consideraient personellement comme dangereux. Et si j'avais fait semblant de rien, quelques minutes plus tôt, ne leur disant pas pourquoi je restais là au lieu de courrir vers ma dose, c'était pour une bonne raison: ils auraient assailli le pauvre jeune homme - comme ils le faisaient parfois avec des jeunes moins avertis - et lui auraient pris la carte. Ensuite, qui sait si ce laisser-passer aurait atterri chez les Officieux ou si les engagés auraient directement pris d'assaut le terrain.

*Alex et Will étaient plus vieux que moi, leur experience de la Substance était aussi beaucoup plus ancienne. J'avais renconré Alex un matin, je crois, à l'Université alors que j'étudiais encore la théorie et l"histoire de l'Art. Il parlait librement de ses voyages avec un ami à lui, ils étaient entourés d'étudiants, dans un petit hall où les professeurs ne passaient jamais, et où se retrouvaient uniquement les fumeurs et autres consommateurs de substances a fumer illicites. Je fumais moi-même une cigarette, et écoutait un peu ce qui se passait autour de moi.
Je venais d'essuyer un désaccord phénoménal avec Omega, peu avant ce jour là, et nous ne voyions plus beaucoup. Un désaccord par rapport à la Substance, s'entend. Choses qui arrivent même avec des drogues qui n'en sont pas.
Alex était donc fier de ses exploits et je me souviens lui avoir simplement dit un "salut" mal assuré quand je le croisais.

"Salut, moi c'est Alex, ca va?"
"Bien, et toi? ca fait plusieurs fois que je te croise, et j'ai entendu ta conversation, tu as l'air de t'amuser..." Je tentais ces mots avec une fausse assurance que j'avais souvent en public, et nous avions échangés assez vite nos avis sur la Substance. Lui touchait à d'autres choses, mais il me proposa de ma rappeler quelques jours plus tard pour faire une 'sortie'. Et il le fit. je découvrit avec lui tout le côté engagé de la chose, et aussi une vision un peu trop fermée à mon gout. ce qui nous tenait ensemble, c'était les Voyages, et le fait qu'il ait des dizaines de possibilités d'obtenir la dite mixture. Au moins, m'étais-je dit, avec lui, je n'ai pas à m'inqueter de disputes eventuelles faute de munitions. Et je me trompais...*

"Excusez-moi si je vous ai fait... Vous etrangler avec le café..." Maudite timidité qui repris le dessus, j'eut, je ne sais pourquoi, la sensation d'être face à une personne qui avait commis un délit. Comment le badge s'était-il retrouvé dans la poche du jeune homme s'il ne savait pas aller là-bas? Je cessais ma parano et me repris:
"..." A mi-voix. "ce serais un plaisir, mais je ne pense pas qu'on nous laisse passer comme çà..."
je me retractais, je declinais bêtement l'offre, la possibilité de decouvrir, enfin, pourquoi et surtout comment, qui avait envoyé cette merveille sur Terre. Je tournais le sucre dans le café, puis bu une gorgée. Il avait l'air stressé, aussi, sentais-je que je venais de me fourrer dans une situation complexe, que j'allais au devant d'ennuis si je disais oui, et au devant d'ennuis eventuels si je disais non. Je notaos que le type du bar n'avait pas de clients, et qu'il semblait attendre que son lave vaisselle ait fini pour essuyer et ranger ses verres - ou toute autre chose, l'arrivée d'un client, par exemple - il regardait tour à tour les clients qui entouraient le bar. Aussi quand son regard se posa sur moi puis sur mon interlocuteur, je senti que si je disais un mot de travers je pourrais passer pour un trafiquant de n'importe quelle sorte. (Les personnes ne connaissant pas le Zone auraient pu croire que l'on parlait de drogues, ou encore que l'on préparait un mauvais coup) S' il connaissait l'existence de tout çà,il aurait pu ou nous dénoncer, ou tenter, lui, de faire ce qui était en son pouvoir pour voler le badge.
J'aurais pu decliner l'offre, partir et ne pas donner mon nom, au lieu de çà, je me redressais, pour paraitre moins endormi, et lançais, comme si de rien n'était:

"cela vous dit de m'accompagner finir ce café dehors? je vais fumer une cigarette et nous pourrions parler de ce... De çà."
Je sourit, encore moins assuré que je ne l'étais en arrivant, et attendit. il fallais que j'en sache plus sur le personnage avant de me lancer dans un tel periple. Je n'ai jamais franchement été un aventurier. Dans la vie "réelle".

[Désolé si le post n'est franchemeent pas palpitant ni même doté de qualités faisant monter le suspens -__- il est 2 du matin, et je pensais mieux faire, en fait j'ai eut peur de m'avancer trop longtemps et il est tard, enfin je peux tout à fait editer et modifier, si tu n'as pas asssez d'elements pour faire avancer le rp sur ce coup, je ferais mieux la prochaine fois - je devrais arreter de rp quand je suis de l'aprem, le soir ^^']

_________________

Ces mâts et ces flots, qu'ils soient près du sable ou proche d'un parterre pavé; prennent un air de vacances même lorsqu'il n'en est pas l'heure... Et ce dès qu'un rayon de soleil y joue, même aux froides heures d'hiver.
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